Témoin de Vie.
Diplômée en 2017, je débute ma carrière d'infirmière, juste avant de tomber enceinte de mon premier enfant. J'ai alors 25 ans. Mon plus grand cauchemar étant l'épisiotomie, dans mon esprit l'accouchement rimait vraiment avec souffrance. C'est mon mari qui m'a soufflé l'idée d'un accouchement sans péridurale. Après m'être bien moquée de lui, j'ai fini par me renseigner vraiment et à être convaincue des bienfaits. Pendant cette première grossesse, j'apprends à déconstruire mes peurs autour de la naissance. Mon fils naîtra à l'hôpital, par voie basse, sans péridurale, en juillet 2018. Il m'apprend le maternage proximal et je m'investis ensuite bénévolement auprès des mères dans le soutien de l'allaitement maternel.
Ce ne sera que lors de ma deuxième grossesse, en 2022, que je comprendrais qu'un accouchement physiologique, ne se résume pas à se passer de la péridurale... Cette fois, je me prépare à donner naissance, chez moi, entourée de ma famille. Ma fille est née dans l'eau, tout était si fluide. Ce fut l'expérience la plus belle et la plus puissante de ma vie.
Suite à cela, j'ai eu la chance d'accompagner un couple d'amis pour l'arrivée de leur deuxième enfant. Une démarche qui continue de me convaincre de la beauté de la physiologie. J'observe et j'apprends beaucoup lors de cet événement merveilleux.
J'apprends quelques semaines plus tard que j'attends mon troisième et dernier bébé. Je prends cette fois-ci une belle leçon d'humilité. Moi qui pensais que pour un troisième ce forcément rapide et facile... La fin de grossesse est douloureuse, je pense à plusieurs reprises que le travail débute puis il s'arrête. Finalement, mon bébé naît toujours chez moi mais sa venue au monde me met à l'épreuve. Cet enfantement me bouscule tout autant que le post-partum qui suivra. J'ai pris conscience de cet entre-deux-mondes et de cette grande vulnérabilité que l'on traverse. Je remercie la vie. Et je suis heureuse d'avoir su écouter mon corps et mon bébé afin de l'accompagner et lui permettre de trouver son chemin en bonne santé. Je profite donc de mon congé parental et de cette énergie pour créer Les Boîtes Porte-Bonheur.
Quelques mois plus tard, j'ai la chance qu'une nouvelle amie me demande de l'accompagner dans son cheminement d'enfantement libre. Je vois le processus et le questionnement par lesquels je suis moi-même déjà passée. Un chemin intime et chamboulant qui demande de lâcher prise et de faire confiance en ce que la nature fait de plus beau. Puis vient le grand jour, un moment où tout s'aligne et où chacun est connecté. Je me sens tellement honorée d'avoir pu être témoin d'autant de bonheur.
À travers ce parcours, j'ai également été confrontée à la perte de deux grossesses. Des grossesses non localisées prises en charge par la médecine. J'ai côtoyé les protocoles médicaux, les interventions plus ou moins justifiées.
Aujourd'hui, grâce à tout cela, j'ai compris que la femme doit être actrice, et que la confiance accordée aux professionnels se veut mesurée et non aveugle. Les préparations à l'accouchement sont sommaires et n'abordent que très peu la physiologie. Les moyens à disposition sont restreints et les interventions injustifiées trop nombreuses. Je souhaite profondément que les femmes reprennent confiance, qu'elles puissent accoucher en sécurité là où elles se sentent le mieux, et enfin que les professionnels puissent accompagner dignement tout en étant formés à la physiologie.
En attendant, j'offre aux femmes ce modeste cadeau. Un guide nourri de mes expériences, des produits que je porte dans mon cœur, des soins auxquels je crois. Parce que les femmes méritent que nous célébrions leur naissance en tant que mère.